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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 16:59
Destin-es.jpgSept femmes d'origine berbère sont confrontées à la violence. Sept nouvelles racontent ces moments vrais et cruels de leur vie. Sujet tristement d'actualité à l'heure où plane l'ombre de l'obscurantisme...
Je rends hommage à ces femmes, en témoignant de leurs souffrances avec solidarité et affection.

Extrait
Ce dont je me souviens, c’est d’une porte qui s’ouvre, c’est celle de notre chambre chez ma tante. On m’a déshabillée, installée sur le lit et j’ai attendu.
Il est entré, il tenait à peine debout. On l’avait fait boire. Il s’est débarrassé de son pantalon et de son slip, s’est approché de moi. Je tiens à dire que jusqu’à ce jour, je n’avais jamais vu un homme nu devant moi. Dieu qu’il était beau !
Il s‘est emparé de mes jambes plutôt de mes cuisses, les a écartées et m’a pénétré brutalement sans un regard, sans un mot. Il m’a fait mal, horriblement mal mais je n’ai pas crié. Il s’est levé, il est sorti de la chambre et je ne l’ai jamais revu.
Le lendemain matin, il avait disparu. Aucune trace de lui dans le village. La rumeur se répandit dès le petit-déjeuner. Le village se demandait ce qui s’était passé. Des commentaires désagréables circulaient à mon sujet. Je n’étais sans doute pas vierge ; il s’était donc enfui.
J’étais prostrée, en larmes et tenais ma chemise de nuit dans mes mains. Il y avait du sang !
Mon père s’était éloigné de la maison, il était dans les champs, il pleurait. Un voisin était venu le réconforter. Quant à ma mère, elle était en colère. Elle s’empressa d’interpeler ma tante, elle voulait savoir. Ma tante ne parlait pas. Un rictus sur le visage traduisait la colère, voire le dépit, je dirais maintenant la haine. Elle se sentait bafouée par son fils . Il s’était enfui mais surtout il avait prémédité son coup.


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