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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 09:29

 

SIDI BOUZID                          à  Mohamed Bouazizi

 

Ils sont partis

De Sidi Bouzid aux cris

De l’horreur, poursuivis

Par les hurlements

De ces femmes

Qui ont vu l’enfant de la Patrie

Succomber au feu de la révolte.

 

Ils ont marché sur Sfax, Thala,

Kasserine pour atteindre Tunis

Là où le loup, la louve

Et sa couvée repue

Sabraient le champagne

En toute impunité.

 

Ils ne savaient pas

Que le peuple,

Las de tant d’ignominie,

Las de tant d’impudeur,

Allait soudain se réveiller

Là où l’injustice, le mépris

Font le lit de la haine

Et provoque la révolte.

 

Ils ont cru, les incultes,

Que les enfants de Hannibal

Avaient oublié le passé

Pour n’être plus que les otages

D’un monstre et de sa catin

Devenue Madame pour ne servir

Que ses démoniaques desseins.

 

Ils ne savaient pas

Que les racines et le sang

Qui coulent dans les veines

D’un peuple qui jadis

Refusa d’être asservi à l’étranger,

A engendré des hommes

Dont le passé a ressurgi

Comme les laves du volcan

Trop longtemps endormi

Qui se réveillent

Et fait table rase des armes

Pointées par l’ennemi.

 

Larmes versées,

Cris étouffés,

Hommes libres blessés,

Droits bafoués,

Prisonniers torturés,

Femmes méprisées !

 

ô enfants de Hannibal !

Ne vous laissez pas abuser

Par la horde qui continue

De paître parmi les hirondelles

Qui ont pris le vol de la liberté !

 

Gardez les yeux ouverts

Ne laissez pas la gangrène

Se propager parmi vos rêves

Et la révolte se dissiper!

 

Et quand s’entrouvre la porte

Pour ne laisser paraître

Que l’inéluctable lumière

Et quand soudain s’échappent

De tous ces vases clos

Les parfums du jasmin

Et des fleurs d’orangers

N’oubliez pas

Que les effluves

Peuvent être souillés

Par ceux qui silencieux

N’attendent que l’instant

Où la horde sauvage

Ressortira ses crocs.

 

ô enfants de Hannibal

Tous les yeux sont tournés

Du côté de la rive

Où l’on crie « Liberté » !

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 08:37

alg-lit-actionVous trouverez dans ce  numéro spécial « Création au féminin » d’Algérie Littérature Action présenté lors du Salon du  livre de Gentilly et dont le thème était : CINQUANTENAIRE DES INDEPENDANCES AFRICAINES   une analyse de mon roman Nedjma et Guillaume par l’écrivaine Dominique Le Boucher : « L’histoire des gens »

  

Et  une nouvelle : APRES BAMYIAN dont voici un extrait


« …Ô Terre des hommes, comment peux-tu enfanter tant d’horreurs, de misères et d’injustices, de cris de pleurs, de plaintes ! Quelle mère peut supporter de savoir que ses enfants n’arriveront pas au bout du chemin car des tirs assassins ou bien Marâtre Nature viendront les décimer. Cette enfant est là, elle résiste, poussée par le Mektoub…… »

 

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 08:30

Invitée au salon du Livre de Gentilly organisé par l'Association Biévre Plurielle et  la Mairie de Gentilly du 19 au 21 Novembre 2010 pour participer à la Table-ronde :

 

Femmes africaines depuis l'Antiquité


_MG_1271.JPG        _MG_1284.JPG           

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 09:49


Nouvelle

Le Cheikh et la jeune fille

Edition Marsa
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 11:54
C'est parti : on espère !
Nous l'avons présenté au Livre sur la Place à Nancy et Alain l'emporté au Salon de la Revue ce week-end à Paris : Carnavalesques 3, après une longue gestation, est sorti de presse et bientôt en librairie.

Poésies, nouvelle (Renia AouAdene) biographies et bibliographies sélectives (certains au teures mériteraint plusieurs pages tant leur oeuvre est riche et foisonnante) et bien sûr articles critiques, me tout assorti d'une dizaine d'illustrations que nous devons aux artistes de la Galerie TEM ( à voir absolument , dans une vielle ferme de Goviller, et un jardin remarquable et classé, celui d'Aline) qui nous ont donné leurs droits en souvenir de Claude Rosenkranz, sans qui tant de projets et de réalisations n'auraient pu  naître...

NOUVELLE : L'ENLEVEMENT DES FEMMES DE AÏT BIMOUNE
 


les auteurs :

Renia AOUADENE - Olivier APERT - Anne BIHAN - Nicole BROSSARD - Anne CALIFE - Pascal COMMÈRE - Danièle CORRE - Aymen HACEN - Jean-Michel MAYOT - Max RIPPON - Jean Louis ROBERT - Annie SALAGER - Laurette SUCAR - Marie SUNAHARA - Habib TENGOUR - Alexandre VOISARD



ISBN : 9752917081068
prix 20 euros
en vente chez l'éditeur : éditions ASPECT , 60 rue du cardinal Mathieu - 54000 - NANCY
                                          ou : JM Marche, 71 rue Etienne Olry -54170 - ALLAIN
commande par courriel : editions.aspect@gmail.com
biantôt dans les librairies habituelles de Nancy, Epinal, Saint Dié et Metz
Par michel-dani alain - Publié dans : nancy.aspect.editions - Communauté
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 09:38

HARRAGAS

 

Ils se lèvent un matin

Portés par la détresse

Avec pour tout bagage

… L’espoir !

Collés, entassés, alignés,

Tels de sordides anchois

Dans ces barques construites

Pour pêcher, donner la vie

Aux ventres affamés.

 

Ils sont là, côte à côte,

Respirant ces odeurs

De ces corps qui transpirent

De tant d’humidité,

Sans une goutte d’eau,

Une miette de pain,

Qu’importe que de ces ventres

Sortent des bruits infâmes

De l’inexorable faim…

Leur pain quotidien.

 

Ils fuient cette Terre,

Devenue stérile qui désormais

N’accouche plus que…

D’infâmes morts nés.

 

Harraga, mon Fils

Tu n’es pas de ceux-là

A qui la faute ?

A ceux qui

Sous l’ombre des auvents,

Continuent d’amasser

D’immenses fortunes,

Alors que nos enfants,

Nos femmes, nos vieillards

Croulent sous la misère

D’une nouvelle pandémie…

……….. La Faim.

 

Harraga, mon Fils, tu seras

A dit la Mère Algérie

Car l’arbre trahi ne peut plus

Retenir la sève qui déborde

De ses seins trop pleins de rage,

De peine et d’impuissance.

 

Alors tant pis mon Fils,

Si tu pars sur le chemin

          … De l’exil,

Si tu te perds au fin fond,

Du désert Australien,

Des plaines Canadiennes,

Prairies Américaines.

Tant pis si tu erres

Dans les rues de Barbès,

las Ramblas de Barcelone

Ou dans les ateliers

Où clandestins s’entassent

Pour pouvoir échapper

Aux rafles devenues

Des chasses aux clandestins

Dans ces pays nantis

Où les murs se construisent

Pour éviter de voir

Cette Afrique sordide

Pillée par ceux qui la gouvernent

Depuis des décennies.

 

Harraga mon Fils,

Qu’importe si mon cœur,

Saigne de mille flots,

Qu’importe si mes yeux brûlent

De mille feux !

 

Harraga, ma Fille,

Et toi aussi tu partiras,

La peur au ventre,

Le cœur brûlé,

Pour quelques sous,

Tu te vendras

Et mariage il y aura,

Mais sans amour,

tu survivras.

 

Harraga, mon Père,

Un soir d’automne,

Tu es parti,

Dans ces pateras de bois usés

Car tu m’as dit :

Bien plus douce sera la mort

Loin de la Terre où je suis né.

 

Dans la patera qui vous transporte,

Surtout mon Fils, ne pleure pas !

Les larmes n’effaceront pas

Cette misère galopante,

Nous le saurions bien avant toi !

 

Harraga, mon Fils,

Sur les flots bleus,

Imprègne-toi de ces couleurs

Que la Mer qui t’emporte

Vers d’autres cieux,

Rendent tes jours

Un peu plus heureux.

 

Harraga,

Loin de l’orange amère,

Du pain qui ne rassasie pas,

De l’eau qui jamais ne s’écoule

Des robinets qui sont taris.

 

Harraga, mon Fils,

Telle est ta force,

Dans l’amour que je t’ai donné.

Et si un jour vient la nouvelle

Que tu as franchi les écueils

Oublie ta Mère, oublie ton Père

Et cette Terre condamnée !

Chaque matin, lève la tête,

Regarde-moi, je suis très fière,

De ma prison, je te vénère,

Car les pilleurs de dignité

N’ont pu de leur main te broyer,

Car aux voleurs de liberté

Tu as pu enfin échapper !

 

Harraga mon Fils,

Qu’importe si mon cœur,

Saigne de mille flots,

Qu’importe si mes yeux brûlent

De mille feux !

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 09:25

Nedjma est une jeune algérienne, héritière de la valeureuse tradition féminine de son pays en proie à une violence fanatique et mysogine. De passage à Marseille, elle rencontre Guillaume, prêtre dans un quartier populaire. Entre ces deux êtres que tout sépare, se noue une relation exceptionnelle, hantée par la figure de Djanina, martyre nationaliste, et soutenue par l’humanisme des cultures occitane et berbère.

 

                                                      Marie Virolle

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 09:18

IL EST PARTI, LE PEINTRE

           

 

Il est parti, le peintre

Sa toile sous la main,

Il est allé au loin

Emportant avec lui

Les vers de ses dessins.


j’ai versé sur des lignes

Les larmes de mes yeux

Ternis et aveuglés

De tant d’indifférence.

 

Il est parti, le peintre

Sa toile est suspendue,

Je ne la verrai plus.

 

J’ai gardé en secret

Ses couleurs préférées,

Des ocres et des bleus,

Des ocres et des verts

Dont les formes m’emportent

Dans ce glauque univers

Que le peintre dessine

Au fil de ses tableaux,

Qu’il accorde en vain

Comme des partitions

Que tous les musiciens

Ecrivent de leur main.

 

Il est parti, le peintre

Et sa toile a déteint,

Plus d’ocres, plus de bleus,

Plus d’ocres, plus de verts…

Que le noir de ses yeux.



EVOCATION
 

Nous avons évoqué

Toute une nuit entière

Les Poètes et Peintres

Qui ont illuminé

Toute notre jeunesse,

Nous ont accompagné

Quand nous étions enclins

A contempler le Beau

L’Idéal de ce monde.

 

Aragon déclamait

Son Amour pour Elsa.

Combien de couples encore

Comme Qays et Leila

La Terre comptera ?

Aragon qui pleurait

La splendeur de Grenade

Quand les peuples d’Orient

Portés par la Sagesse

Avaient illuminé

Les contrées Andalouses.

 

Ses fils ont survécu

A de terribles drames,

Picasso, l’exilé,

Peintre de Malaga

Nous offrit Guernica,

La toile, œuvre maîtresse !

Les couleurs de la guerre

Fratricide, meurtrière,

Font saigner le tableau

Chaque fois qu’un regard

Emerveillé se pose

Sur cette immense trace

D’un passé qu’on voudrait

A jamais inhumé

Mais qui réapparaît

Au travers de l’histoire

Comme ces vieux démons

Qui persistent et se dressent

A chaque coin de rue.

 

Lorca au chant profond

Qui n’a toujours de cesse

De crier au-secours

Afin que l’on déterre

Son corps enseveli

Par des mains sales et ternes.

Dans le silence obscur

Il hurle sa détresse

Car d’une sépulture,

Il implore et supplie.

 

Neruda confessait

Qu’il avait bien vécu,

Qu’il avait survécu

A de bien nombreux drames

Au détour de l’histoire,

Combattu l’ennemi

Au péril de sa gloire

Combien de fois souillée

Par des mains étrangères

Venues assassiner

Ses frères et camarades.

 

C’est l’heure de partir

Nous chante le poète

Vers ses contrées lointaines

Que Matisse a choisies

Après avoir plongé

Lors de nombreux voyages

Et découvert l’Orient

Fascination immense

Ses couleurs reflétant

Le sublime et l’étrange

Ses formes un véritable

Hommage à la Beauté

Qui résiste et refuse

De déplier ses branches

Même quand le vent violent

Souffle désespérément.

 

Ce Mistral de Provence

Que René Char exalte

Lui l’homme résistant

A la voix caverneuse

Qui frappa l’ennemi

De ses vers meurtriers

Mais qui n’hésita pas

A recourir aux armes

Quand l’endémique Peste

Envahit notre Terre

Et qu’il sentit ses pas

Se rapprocher tout près.

 

Nous aurions pu parler

Du Peintre Isiakhem

De ses portraits multiples

Où il tente en vain

De fixer le naufrage

Dans lequel a sombré

Ce peuple de légendes

Dont les plus beaux enfants

Prennent la fuite et pleurent

Ce pays tant aimé

Comme des fruits amers

Détachés de la branche

Trop lourde à porter.

 

Mais le temps est passé

Puis nous avons posé

Des jalons de distance

Pour ne laisser passer

Que l’infernal silence.

Solitaire, le Peintre,

Continue d’étaler                            

Ta gouache sur la toile

Pour encore des années

La poétesse jette

Sur ses nombreux cahiers

Les vers de sa douleur

Comme un cri de terreur !

 

 

                                                            

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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 17:00

Recueil-1.jpgNUMERO 78-80

 
Lorsque le Tariq ibn Zyad accoste au port de Bejaia,
le voyageur prie pour que la mer ne soit pas déchaînée
devant ces côtes accidentées.
 
 
Au loin, on aperçoit surplombant la ville, Ima Gouraya,
lieu saint, lieu de prières où tant de pèlerins ont imploré Dieu et son Saint.
Qui a quémandé la guérison de son enfant,
qui a supplié pour que sa fille soit mariée,
qui a mendié la nourriture pour les siens …
 
 
Bejaia la musulmane regorge de lieux saints.
A l’intérieur le mausolée de Sidi – Abdelkader
et sa fontaine censée purifier les âmes,
effacer les péchés, apporter la paix…
A l’extérieur, Sidi – Saïd où
les femmes se regroupent pour faire égorger
la chèvre ou le mouton afin de nourrir les hordes de misérables
venus des villages alentour qui accourent aux cris de
« C’est un jour d’Aumône, venez manger l’assiette de couscous !  »
Un pèlerinage de plus afin de demander à Dieu, protection …
 
 
Bougie et sa place Guédon d’où le désespoir se jette.
Combien de jeunes filles, de jeunes garçons se sont envolés
devant l’absence d’issue, d’espoir, de projet.
Des rues soudain peuplées de fellahs,
paysans ayant abandonné à l’indépendance, en ces
jours glorieux, leurs gourbis, leurs terres, leurs villages…
Fellahs sans illusions, sans rêves
et sans passions.
Ils sont donc descendus pour remplir des baraques
et respirer l’odeur de ces hydrocarbures,
choix ô combien prioritaires d’une Algérie indépendante
au détriment d’une agriculture qui nourrissait
les français du temps de Madame la France !
 
 
Bougie devenue monstrueuse !
Constructions anarchiques,
toujours, toujours plus haut, encore, encore plus vaste !
Propriétaires spoliés, terres dérobées, maisons occupées,
Bougie se dresse inhumaine, sale mais encore fière.
 
 
Bgayet, la kabyle, peuplée d’enfants, bâtards, ingrats, naturels, légitimes,
debout, assis, couchés, recroquevillés
aux regards hagards, violents, haineux,
malheureux, impuissants mais si verts, si bleus, si noirs….
Berbères courageux,
de printemps en printemps qui sillonnent les rues
en criant leur slogan « Ulach Smah, Ulach Smah ! »
Aucun pardon, aucun pardon
pour un pouvoir criminel, assassin d’enfants kabyles.
 
 
Bgayet crie son attachement à sa culture,
rêve de ses ancêtres, éternels oubliés
au fin fond du livre d’histoire où jamais
n’a été écrit qu’elle était descendante du peuple Imazighen,
celui des hommes libres
 
 
Bgayet et ses poètes, ses chanteurs, ses écrivains,
ses sculpteurs inconnus qui pourtant ne demandent
qu’à déverser leur art dans les rues de la ville
pour bien montrer combien cette ville est si riche.
 
 
Bougie n’a plus de traces de ces enfants maltais,
de ces beaux italiens et sardes et siciliens, lascives andalouses…
Un jour ils sont partis, ils ont laissé Bougie.
Mais oui, ils l’ont pleurée ! je les ai rencontrés.
Ils ont toujours rêvé un jour d’y retourner.
 
 
Bejaia, Bougie, Bgayet !
C’est surtout ces visages, ces silhouettes de femmes
trop longtemps effacées, égarées, écorchées.
On les a vu pourtant déferler dans les rues
pour demander justice quand l’enfant innocent
sous les balles est tombé.
 
 
 
Bgayet, c’est ma ville, non je n’y suis pas née,
moi fille de Marseille.
C’est l’âme de ma mère qui traverse ces rues,
que je viens retrouver, chaque fois un peu plus.
Alors, je l’imagine enfant, adolescente,
jouant dans ces ruelles en ces temps de la France.
 
Bgayet, Bejaia, Bougie !
 
 
 
                                   AOUADENE Rénia
 
                                       ( AMER...TUMES)
 
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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 16:59
Destin-es.jpgSept femmes d'origine berbère sont confrontées à la violence. Sept nouvelles racontent ces moments vrais et cruels de leur vie. Sujet tristement d'actualité à l'heure où plane l'ombre de l'obscurantisme...
Je rends hommage à ces femmes, en témoignant de leurs souffrances avec solidarité et affection.

Extrait
Ce dont je me souviens, c’est d’une porte qui s’ouvre, c’est celle de notre chambre chez ma tante. On m’a déshabillée, installée sur le lit et j’ai attendu.
Il est entré, il tenait à peine debout. On l’avait fait boire. Il s’est débarrassé de son pantalon et de son slip, s’est approché de moi. Je tiens à dire que jusqu’à ce jour, je n’avais jamais vu un homme nu devant moi. Dieu qu’il était beau !
Il s‘est emparé de mes jambes plutôt de mes cuisses, les a écartées et m’a pénétré brutalement sans un regard, sans un mot. Il m’a fait mal, horriblement mal mais je n’ai pas crié. Il s’est levé, il est sorti de la chambre et je ne l’ai jamais revu.
Le lendemain matin, il avait disparu. Aucune trace de lui dans le village. La rumeur se répandit dès le petit-déjeuner. Le village se demandait ce qui s’était passé. Des commentaires désagréables circulaient à mon sujet. Je n’étais sans doute pas vierge ; il s’était donc enfui.
J’étais prostrée, en larmes et tenais ma chemise de nuit dans mes mains. Il y avait du sang !
Mon père s’était éloigné de la maison, il était dans les champs, il pleurait. Un voisin était venu le réconforter. Quant à ma mère, elle était en colère. Elle s’empressa d’interpeler ma tante, elle voulait savoir. Ma tante ne parlait pas. Un rictus sur le visage traduisait la colère, voire le dépit, je dirais maintenant la haine. Elle se sentait bafouée par son fils . Il s’était enfui mais surtout il avait prémédité son coup.


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