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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 20:31

Taos Amrouche ... ou notre éternel combat - Rénia Aouadène
" ....J’aimais donc ce cri de femme qui se voulait indépendante sans l’être vraiment et cela me renvoyait à ma propre lutte pour m’extraire des carcans d’une tribu qui n’entendait pas laisser voler de ses propres ailes, l’oiseau libre que j’étais. Quant Taos clame son mal-être dans « l’amant imaginaire » et la difficulté d’exister en tant que femme, amante ou épouse, elle nous met déjà face à ce dilemme que chacune d’entre nous allons vivre, déchirées entre l’attrait de nos racines et l’incapacité d’être « libre » dans un pays où les féministes françaises s’étaient engagées pour nous ouvrir les portes de l’insoumission. Si Taos reste un tabou dans son pays d’origine c’est qu’elle est devenue un mythe malgré elle. In fine, a-t-elle trouvé l’espace où se poser dans ce monde des années d’après-guerre d’Algérie où chacune de ses apparitions passionnées renvoyaient le commun des mortels à ses propres doutes, ses angoisses. Il est toujours plus aisé de dire de la diva qu’elle était particulière. Peut-être fallait-il bien être une femme ayant hérité du substrat culturel propre aux femmes berbères pour parcourir le chemin qui l’a amenée à côtoyer les plus grands artistes ou intellectuels de son époque, porteuse d’un legs issu d’un peuple maintes fois colonisé, infériorisé, méprisé. Telle était cette contradiction qui pesait en elle, le besoin de retour aux sources pour en extraire sa richesse et celui d’aller toujours plus loin dans sa libération. Ne fallait-il pas être en avance sur son époque pour décrire avec autant de détails sa propre intimité, ses désirs, ses frustrations ? Une relecture de l’amant suffit pour relever les frontières franchies par l’auteur, inconcevable pourtant pour une femme de sa génération...." In spécial Taos Amrouche - Algérie Littérature Action n°167-170

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Published by AOUADENE
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commentaires

Mohand Belkacimi 19/05/2013 00:32

Bonsoir
Voilà un cursus bien plein,vous concernant Madame.Vous me voyez émerveillé.
J'ai entendu parler de Taoues Amrouche et j'ai assisté à un de ses spectacles il y a longtemps en 1975 à dans une salle de fête Paris.Seule sur la scène sans décoration sinon une cruche en argile
style de poterie kabyle et sans sonorisation face à un publique nombreux dont de nombreux français observant un silence bienséant.Elle était habillée d'une robe berbère et sur la tête une belle
couronne d'argent et chantait d'une merveilleuse voix en berbère.J'ai été comblé.C'était l'unique fois qui m'a beaucoup marqué.On aurait voulu,qu'elle le fasse aussi chez elle en Algérie.Hélas nous
ne pouvons même voir ce'qu'elle a écrit,elle comme son frère Mouhoub.Votre texte Madame est sublime.Merci