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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 20:29

Hier tu m’as prise

Comme un homme

Prend une femme,

Mon corps assoiffé

Enroulé autour du tien

Ne cessait de réclamer

L’ultime extase.

Tu ne cessais de répéter :

Hamleghkem !

Qu’il est beau

Le je t’aime kabyle !

Au son de notre langue

Je me laissais porter,

Fils de ma terre,

Fils de mon sang,

Fils de ma chair 

Homme blessé

Homme troublé

Tant déchiré.

J’étais ce prénom

Qui ne t’appartient pas

Et qui pourtant ne cesse

De provoquer en moi

L’attrait du Djurjura.

Homme plaisir,

Homme en quête

De je ne sais quoi

Que cette terre

N’accouche pas,

Que cette terre ne sème pas.

Quand le désir se fait plaisir

Je hurle un amour interdit

Parce que maudit

Je pars et je te laisse

Dans ce nid d’aigle

Blessé.

Je pars et je te laisse

Seul au milieu des tiens

Au milieu de nulle part

Là où les autres

Ont tant besoin de toi

Mais semblent tout ignorer

De toi.

Je pars et je te laisse

Dans ce nid construit

Au fil d’années perdues.

Suis-je venue porter

Un éphémère instant

D’amour

Dans ce chaos

Qui t’enveloppe ?

Avide est le désir

De ceux qui se rencontrent

Sachant que plane

Autour d’eux la flamme

De la séparation.

Avons-nous compté

Les heures,

Avons-nous brûlé

Le temps ?

Pour que s’éclaire

La lumière de l’espoir

L’oubli pointe son nez

Qu’avons-nous dit,

Qu’avons-nous fait

Afin que nulle autre

Personne ne puisse fleurir

Nos corps et arroser

Nos cœurs ?

Nous le savions

Mais peu importe

Ce temps qui passe

Car cette terre

Au sol jonché de corps

Désespérés ;

Désespérants de putréfaction,

Odeur de morts,

Terre de mémoires,

De quelle guerre,

Du frère qui a tué sa sœur

De celui qui a égorgé son père

Et violé sa mère ?

Un tas de débris

Jetés çà et là,

Décombres d’une maison

Autrefois havre de paix

Maintenant classée

Aux oubliettes de l’enfer,

Relents qui tuent,

Enfants perdus,

Enfants des monstres revenus

Du maquis de l’enfer.

Terre souillée,

Mille fois violée,

Terre sacrifiée,

Espoir décapité.

Sur cette terre

Je t’abandonne

Perdu au milieu

Des cendres du désespoir

Semées par ces enfants

Dont le rêve n’est que partir

Pour n’être qu’un

Eternel exilé !

Je pars et je te laisse

Je pars et j’emporte avec moi

Ce sourire qui n’appartient

Qu’à moi…..

 

 

                                                                 Aouadène Rénia

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Published by AOUADENE
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commentaires

MARIE POETESSE 26/08/2011 23:12


un texte fort qui me parle beaucoup, beaucoup !