Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 13:38

.... aux enfants de Marseille

 

MARSEILLE  -    Rénia Aouadène


Sur les murs de béton

Les taggers ont écrit

Marseille je te kiffe !

La police je te baise !

Sur les murs griffonnés

Des cités aux voitures

Démembrés, calcinés,

La crasse dégouline

Les poubelles s’entassent

Et les rats se délectent

Dans les rues de Marseille

Les flics se débattent

Il y a ceux qui se battent

Et tous ceux qui acquiescent

Entre ceux qui se bardent

De discours salafistes

Dont la barbe est un signe

Du rejet de Madame

Mère France marâtre

Et ceux qu’on emprisonne

Au Palais des Baumettes

Où se côtoient la crasse,

Le sida et la haine.

Dans les cités perdues

Quartiers Nord

De Marseille,

On entend les cris sourds

Des enfants qui ne cessent

De hurler leur détresse.

Marseille, je t’aime !

Marseille, je te baise !

Quand on sort la kalach

Que l’on tire au hasard

Sacrifiant la jeunesse

Quand les pères apeurés,

Humiliés, effacés,

Ne trouvent plus la place

Ne sont plus de ces hommes

Issus de la lignée

Des aïeux bien-aimés

Quand las ainés se taisent

Devant le petit frère

Devenu un caïd,

Obsédé par le fric

Et les filles opprimées,

Des soi-disant salopes

Justes  bonnes à baiser.

Quand ces mêmes caïds

Et leurs frères barbus

Regardent ces jeunes femmes

Comme leurs ennemies.

Marseille je t’aime !

Marseille  je serre !

Ne restent que les mères

Pour porter le combat

Contre ceux qui déchirent

Leurs tripes de douleur

Quand celles qui engendrent

Descendent dans les rues

De la ville mythique

C’est un espoir qui pointe

Du haut des horizons

Dans le ciel de Marseille

C’est l’amour et la haine

Qui mènent une lutte

Mais c’est la liberté

Qui au loin nous rappelle

Que nous devons sauver

Les enfants de Marseille

Et jeter à la mer

Des bouteilles de rêves

Pour empêcher que viennent

Les vautours qui préparent

Leur arrivée soudaine

Pour prôner le racisme

Et dévorer les fleurs

Qui éclairent les places

Et qui ont fait l’orgueil

De tous ces Phocéens

Devenus à Marseille

Des hommes et des femmes

Héritiers de la ville

Baignés de la lumière

Qui fait ce que l’on est

Seulement à Marseille.

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by AOUADENE
commenter cet article

commentaires